Réformé en profondeur le 1er juillet 2021 pour devenir opposable (engageant la responsabilité du diagnostiqueur), le DPE est devenu l'indicateur roi du marché immobilier français. La double étiquette (énergie + climat) classe chaque logement en fonction de sa consommation en kWh/m²/an et de ses émissions en kg CO₂/m²/an, la pire des deux notes déterminant la classe finale.
L'impact réglementaire est massif. Depuis le 1er janvier 2023, les logements classés G+ (consommation > 450 kWh/m²/an) sont interdits à la location. Au 1er janvier 2025, tous les G sont interdits ; au 1er janvier 2028, les F ; et au 1er janvier 2034, les E. Cette cascade d'interdictions crée un effet de ciseau sur le marché : les passoires thermiques se vendent avec une décote croissante car les investisseurs locatifs les fuient.
Pour l'acquéreur, le DPE est un outil de négociation et de stratégie fiscale. Un bien classé F ou G se négocie 10 à 20% en dessous d'un équivalent bien noté, mais les travaux de rénovation énergétique (qui le feraient passer en D ou C) ouvrent droit à MaPrimeRénov', à l'éco-PTZ, et génèrent un déficit foncier imputable sur le revenu global.
Angle commercial : pour les locaux tertiaires de plus de 1 000 m², le Décret Tertiaire impose des réductions de consommation de 40 % d'ici 2030. Le DPE tertiaire utilise une méthodologie distincte (pas de méthode 3CL) et les seuils diffèrent. Les entreprises engagées RSE privilégient désormais les locaux performants, créant une "valeur verte tertiaire" naissante.