Inférieure au "classement MH", l'inscription est le statut de protection le plus courant pour le patrimoine immobilier privé (châteaux de taille modeste, manoirs, hôtels particuliers). Si un bâtiment est "inscrit", cela signifie que son architecture ou son histoire exige qu'il ne soit pas abîmé, mais les contraintes sont légèrement moins lourdes que pour un monument classé.
Lors d'un projet de travaux sur un édifice inscrit (ou une partie inscrite, comme une simple façade ou un escalier d'honneur), le propriétaire n'a pas besoin de l'accord explicite du ministre, mais il doit déposer un permis de construire (ou de démolir) que la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) valideront. L'ABF émet un "accord", souvent assorti de prescriptions formelles sur le type de toiture, la couleur des enduits ou la menuiserie.
Sur le plan fiscal, à l'instar du classement, le propriétaire d'un monument inscrit peut déduire ses déficits fonciers liés aux travaux de restauration de son revenu global (au titre du dispositif d'aide Monument Historique de l'article 156 du CGI), ce qui en fait un outil de défiscalisation de choix très prisé des tranches marginales d'imposition les plus hautes (TMI 41% ou 45%).