Surnommé à la fois « gardien du temple » et « terreur des constructeurs », l'ABF est un acteur incontournable de tout investissement immobilier intégrant des travaux dans un périmètre protégé. Son rôle n'est pas d'empêcher la modernité, mais de s'assurer de sa juste intégration dans un écosystème historique.
La règle d'urbanisme est stricte : si votre immeuble est situé dans le périmètre de protection des abords (PPA) d'un monument historique (généralement un rayon de 500 mètres, mais de plus en plus délimité au périmètre "covisible"), ou au sein d'un Site Patrimonial Remarquable (SPR), toute modification extérieure nécessite son aval.
S'il s'agit d'un "avis conforme", la mairie est légalement tenue de suivre la décision de l'ABF. S'il refuse votre projet de velux, de panneaux solaires, d'Isolation Thermique par l'Extérieur (ITE) ou de la couleur de vos volets, la mairie n'a pas le droit de vous accorder le permis. Acheter une « friche » à retaper en plein centre historique impose donc obligatoirement, avant signature, une consultation préalable du CAUE (Conseil d'Architecture d'Urbanisme et de l'Environnement) et des doctrines locales de l'ABF afin d'éviter d'acquérir un bien juridiquement in-rénovable selon les critères modernes fixés par l'acquéreur.