Lorsqu'un bien foncier ou bâti est « classé Monument Historique », il entre dans le panthéon du patrimoine national. C'est une mesure très restrictive : toute modification, restauration ou destruction d'une partie du bâtiment classé (même à l'intérieur, si l'arrêté de classement le stipule) requiert une autorisation spéciale du ministre chargé de la culture, représenté par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et l'Architecte en Chef des Monuments Historiques.
Pour un acquéreur, posséder un immeuble classé est à la fois un honneur et une charge immense. L'avantage principal réside dans un dispositif fiscal exceptionnel : les charges de restauration et d'entretien sont déductibles à 100% du revenu global, sans aucun plafonnement foncier, et certaines subventions de l'État (souvent de 30 à 50% du montant des travaux) peuvent être allouées. À la revente, le bien bénéficie également d'une fiscalité successorale ultra-allégée (exonération des droits de succession, sous condition de convention avec l'État exigeant généralement l'ouverture au public).
En contrepartie, les devis de travaux explosent, car ils exigent l'intervention d'entreprises hyper-spécialisées agréées MH et l'usage de matériaux traditionnels onéreux, sous la supervision minutieuse de l'administration du patrimoine.