En droit immobilier, la notion de « trouble anormal de voisinage » est une création de la jurisprudence (issue de l'article 1240 du Code civil) reposant sur l'idée que nul ne doit causer à autrui un trouble excédant les inconvénients normaux du voisinage.
Ce trouble peut prendre de multiples formes : nuisances sonores répétées ou nocturnes, odeurs persistantes (barbecue du restaurant du rez-de-chaussée, élevage), fumées, ou même la privation soudaine d'ensoleillement suite à une nouvelle construction. Ce qui caractérise l'anormalité n'est pas la faute (le voisin a peut-être un permis de construire en règle), mais le préjudice objectif subi par la victime, apprécié au cas par cas par le juge (fréquence, durée, intensité).
En cas de litige averé, le juge peut ordonner la cessation du trouble (démolition, travaux d'isolation, cessation d'activité) et verser des dommages et intérêts à la victime, sous la forme d'une indemnité pour dépréciation immobilière. Avant d'acheter, un futur acquéreur doit donc impérativement visiter les lieux à différentes heures et jours pour détecter un potentiel trouble manifeste que le vendeur aurait omis de signaler, évitant ainsi des années de procédure judiciaire épuisantes.