La loi LCAP est la pierre angulaire de la politique patrimoniale contemporaine. Elle a fusionné trois dispositifs de protection jusque-là juxtaposés (les Secteurs Sauvegardés, les Zones de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager — ZPPAUP — et les Aires de Mise en Valeur de l'Architecture et du Patrimoine — AVAP) en un label unique : le Site Patrimonial Remarquable (SPR).
Pour l'immobilier, la loi LCAP a généré un effet de simplification et de lisibilité. Un investisseur qui consulte les documents d'urbanisme d'une commune n'a plus besoin de jongler entre trois régimes différents. Il lui suffit de vérifier si le bien se situe dans un SPR, et si ce SPR est doté d'un PSMV (le plus contraignant) ou d'un PVAP (plus souple).
La loi a également renforcé le rôle de conciliation de l'ABF en instaurant des commissions régionales du patrimoine et de l'architecture (CRPA) qui permettent aux particuliers de contester un avis de l'ABF devant un collège d'experts, offrant ainsi un droit de recours qui n'existait pas auparavant. C'est un progrès notable pour les propriétaires confrontés à un refus jugé injustifié.