Lorsqu'il s'agit de protéger les fleurons urbains français (le Marais à Paris, le Vieux Lyon, le centre historique de Bordeaux, Sarlat), c'est le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) qui est déployé. Contrairement au PVAP ou au PLU qui gèrent essentiellement l'enveloppe extérieure, le PSMV s'invite à l'intérieur de chez vous.
Un PSMV est un diagnostic à la parcelle, parfois à la pièce près. Il peut imposer la démolition d'une annexe construite au XXe siècle dans une cour pour restituer l'harmonie d'un hôtel particulier du XVIIe. Il recense et protège les boiseries, cheminées monumentales, escaliers à balustre, ou plafonds à la française. En zone PSMV, modifier la distribution des pièces intérieures, ouvrir un mur porteur, ou diviser un appartement en copropriété est strictement subordonné à l'autorisation de l'État (via l'ABF).
Le marché immobilier sous PSMV est celui de l'ultra-premium. Il déclenche le taux maximal de la loi Malraux (30% de réduction d'impôt sur les travaux de restauration complète). Si les chantiers sont complexes, risqués et financièrement astronomiques, la revente post-rénovation s'adresse directement à une clientèle patrimoniale, très peu sensible aux crises de taux, capable de payer le prix de « l'œuvre d'art habitable ».