Le RGA est devenu le premier poste de sinistralité Cat-Nat en France, représentant plus de la moitié des indemnisations du régime. Le phénomène est particulièrement virulent dans les régions Centre, Île-de-France, Sud-Ouest et Occitanie, où les sols argileux sont omniprésents.
Le mécanisme est redoutable : lors d'un été caniculaire, le sol argileux se rétracte en profondeur, créant un tassement différentiel sous les fondations. Lorsque la pluie revient, l'argile gonfle de manière inégale. Les maisons individuelles construites sur fondations superficielles (semelles filantes de faible profondeur, sans radier) sont les plus vulnérables. Les fissures structurelles qui en résultent (en escalier, traversantes) peuvent rendre le bien inhabitable.
Depuis la loi ELAN de 2018, une étude géotechnique G1 est obligatoire pour la vente d'un terrain constructible en zone d'exposition moyenne ou forte au RGA. Pour les constructions neuves, une étude G2 AVP (avant-projet) est imposée au constructeur. Pour l'acquéreur d'un bien ancien en zone argileuse, l'absence de sinistres passés ne garantit rien : les épisodes de sécheresse s'intensifient. L'investissement dans des travaux préventifs (drainage périphérique, résine expansive sous fondation) peut sauver la valeur du bien.