Le régime Cat-Nat fonctionne sur un principe de mutualisation nationale : tous les assurés versent une surprime identique, indépendamment de leur exposition individuelle au risque. Ce système solidaire a permis de couvrir plus de 40 milliards d'euros de sinistres depuis 1982.
L'augmentation de 12% à 20% (votée dans la loi de finances) reflète une réalité actuarielle brutale : les indemnisations ont explosé, principalement à cause du retrait-gonflement des argiles (RGA) lié aux sécheresses répétées (+300% en 10 ans). La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) estime que le coût annuel des sinistres Cat-Nat pourrait tripler d'ici 2050.
Pour le propriétaire et l'investisseur, cette hausse augmente mécaniquement le coût de détention. Sur un contrat habitation de 400 €/an, la surprime passe de 48 € à 80 €. Cet impact semble limité mais il s'inscrit dans une tendance haussière de long terme. Les biens les plus exposés (zones RGA, littoral érosion, zones inondables récurrentes) pourraient à terme voir leur assurabilité remise en question si le système de mutualisation cède la place à une tarification individualisée du risque — un scénario que plusieurs assureurs commencent à promouvoir.