Dans l'évaluation immobilière, la vue est l'un des critères les plus subjectifs mais aussi les plus valorisants. Une vue exceptionnelle peut justifier une surcote, appelée « prime de vue », allant de 5 % à plus de 20 % du prix du marché selon le type de panorama.
Une étagement classique distingue : la vue dégagée (sans vis-à-vis direct, apportant de la luminosité), la vue verdure (surcôtée en milieu urbain), et la vue repère (monument célèbre, mer, montagne) qui crée un effet de rareté maximal. À l'inverse, l'absence de vue ou la présence d'un vis-à-vis pesant ou d'une cour sombre (vue sur mur) entraîne une décote systématique.
Attention toutefois, la pérennité de cette vue n'est jamais garantie en droit français (sauf servitude conventionnelle non aedificandi ou règles très strictes du PLU en zone de protection). Ce qu'on appelle familièrement le « droit à la vue » n'existe pas en tant que tel. Un acheteur misant sur un bien pour sa vue imprenable doit impérativement auditer les terrains environnants et les plans locaux d'urbanisme pour s'assurer qu'aucun programme de construction ou de surélévation ne vienne masquer son panorama à l'avenir.